La pièce

« La Serva amo­rosa » (par­fois appe­lée « La Ser­vante aimante », « La Ser­vante amou­reuse » ou encore « La Ser­vante dévouée » en fran­çais) a été jouée pour la pre­mière fois en 1752 à Venise.

Gol­doni aimait les femmes qui ne s’en laissent pas conter. Pour­tant, à l’époque où il a écrit la pièce, au XVIIe siècle, les femmes avaient du mal à faire entendre leur voix, à moins d’employer leurs attraits phy­siques dans ce but. Dans « La Serva amo­rosa », c’est en fai­sant jouer d’astuce Cora­line qu’il par­vien­dra à la rendre maî­tresse de la situa­tion. Il ira même jusqu’à s’offrir dans cette pièce le luxe d’un final furieu­se­ment fémi­niste, dont les der­nières paroles pro­non­cées par la ser­vante au grand cœur et à la langue bien pen­due résonnent encore aujourd’hui d’une éton­nante modernité.

Typique spec­tacle de la Com­me­dia dell’arte, cette pièce emploie un dis­po­si­tif de scène où valets et maîtres se croisent, se dis­putent, se récon­ci­lient et se marient. Des per­son­nages hauts en cou­leurs, dont cer­tains sont emprun­tés aux maschere tra­di­tion­nelles de la comé­die ita­lienne, et débor­dants d’énergie nous entraînent dans un rythme endiablé.

C’est en 1992 que « La Serva amo­rosa » a été pour la pre­mière fois por­tée sur les planches en fran­çais par Jacques Las­salle (alors à la tête de la Comé­die Fran­çaise). Le spec­tacle de Las­salle charma Jean Dou­chet au point de l’adapter au cinéma en 1994, dans un film inter­prété par Jacques Sereys, Claire Ver­net et Cathe­rine Hie­gel. Plus récem­ment, « La Serva Amo­rosa » a été mise en scène en 2009 au Théâtre Héber­tot par Chris­tophe Lidon, avec Robert Hirsch, Claire Nadeau et Clé­men­tine Céla­rié en tête d’affiche.